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Denis Sanglard, dans l'atelier

10/04/2010 | Denis Sanglard, dans l'atelier

crayon, pastel sur 2 feuilles papier

L'aube du XXme siècle se leva sur le rêve de Georges Meyer.

Les hommes ont toujours, depuis qu'ils comptent les années par centaines, attaché

une superstition singulière à ce seuil où change le chiffre du temps. On dirait

que tout, à nouveau, recommence, et c'est même ainsi que dans les années qui précèdent

ce bouleversement de calendrier, il semble vraiment que le monde soit vieux, et malade,

et l'on impute à sa sénilité les équarts et les passions et les crimes, et l'on

n'a presque plus l'envie de rien entreprendre, crainte que tout soit entaché de quelque

inexplicable tare, on attend le retour de la force et de la santé ...

Cette étrange croyance

s'était emparée des gens à la fin de ce siècle incrédule que fut le XIXme.

Tout ce qui surprenait ou dépassait les hommes était baptisé fin de siècle : c'est

ainsi que les ignorants se rassurent. Et puis, dans ce concept, il y avait un grand

espoir caché, l'espoir que bientôt sur un coup de baguette,

tout changerait, chacun verrait ses maux finir, et la nouvelle vie monterait,

merveilleuse, sous l'invocation de ce 1900 attendu, au contraire de l'an mille,

comme le commencement du monde.

ARAGON, Les voyageurs de l'impériale

Gallimard 1947


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